28 juin : le jour où tout à commencé…

Vous me traiterez peut-être d’égocentrique ou de mégalo, mais aujourd’hui est un grand jour et je vais vous expliquer pourquoi…

Je ne vous parlerai pas de Rousseau, d’Elon Musk, du génial chef d’orchestre apatride Sergiù Celibidache, de Maëva Coucke, miss France 2018, qui partagent comme moi la chance d’être né un 28 juin. Je ne vous parlerai pas non plus du couronnement de l’Impératrice Catherine II de Russie en 1762, ou de celui de la Reine Victoria d’Angleterre en 1838. Ce n’est pas non plus de la création du mythique ballet Giselle par Théophile Gauthier en 1841, dont je veux vous parler ici. Ni pour parler de l’assassinat de l’Archiduc François-Ferdinand d’Autriche un 28 juin 1914, enclenchant un des pires conflits que le monde ait connu, ni pour parler de sa funeste résolution par le Traité de Versailles du 28 juin 1919. Je ne vous parlerai pas non plus de mes 20 ans, ni de la chanson de Pierre Bachelet.

Non, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre. Et même que les plus de 100 ans n’ont pas connu. D’ailleurs quand je me mesure à l’anniversaire que l’on fête aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de me trouver encore plus petit. Petit et surtout, amusé. Voici pourquoi…

350 bougies pour l’Opéra de Paris

Tout commence le 28 juin 1669 quand Louis XIV, à la demande de son honorable ministre Jean-Baptiste Colbert, et après avoir ouvert l’académie Royale de danse, décide de créer l’Académie d’Opéra du royaume de France. Si cette idée est absolument géniale, elle va peu à peu s’institutionnaliser dans le paysage culturel français jusqu’à devenir un lieu mythique au XIXème siècle.
Evoluant au fil des siècles, l’Opéra de Paris changea plusieurs fois de salle comme de nom. D’Académie Royale de musique et de danse à Académie Impériale en passant par Théâtre National. Chaque fois plus innovante, cette institution parisienne à la renommée mondiale devient à partir de 1875 une réelle icône. En effet, lorsque Charles Garnier, après 15 ans de travaux, de nombreux arrêts de chantier, notamment dus aux changements de régimes, pose la dernière pierre à son édifice, Paris change de visage.

Pour la musique et la création lyrique et chorégraphique, c’est le champ de tout les possibles. A la fois moderne et audacieux, cet écrin ne cessera de proposer des innovations toujours plus passionnantes en accueillant des troupes de danse célèbres comme les Ballets Russes au début du XXème siècle. Des créations devenues emblématiques comme celle du Boléro de Ravel, ou l’Oiseau de feu de Stravinsky font toute l’identité de cette belle maison qu’est le Palais Garnier.
Résistant aux guerres, aux insurrections, aux feux, jouant avec la modernité, choisissant même de partager sa scène avec une salle XXème, l’Opéra National de Paris aujourd’hui fait toujours autant parlé de lui, par ses choix artistiques, ses propositions toujours plus innovantes et audacieuses, son envie d’exister dans un paysage culturel abimé et dans un monde où l’art d’écouter les silences, d’entendre les émotions, de contempler la beauté, et de vivre l’instant présent, ne sont plus des prérequis au bonheur.

En 343 ans, l’Opéra National n’a pas eu à supporter mon poids, ni mes critiques. Et bien je lui déclare solennellement que; à Bastille ou à Garnier, depuis 7 ans, et pendant j’espère, au minimum 50 ans, je foulerai autant que possible ses marches, ses tapis, ses dalles de marbres, ses loges majestueuses, ses paradis haut-perchés, et ses parterres pas assez souvent fleuris; pour l’entendre vibrer, pour me faire frissonner, pour m’agacer ou m’amuser et, finalement, toujours faire trembler mon âme.

Dans cinquante ans, j’en aurais soixante-dix, l’ONP en aura quatre cent…

Alors rendez-vous dans cinquante ans, et même avant, pour fêter la musique et la danse comme il se doit !