Beethoven en majesté à La Seine Musicale

La Seine Musicale vue de face © Laurent Boissier

C’est avec joie que j’ai découvert, avec Insula Orchestra et le chœur Accentus, la sublime Messe en ut de Beethoven, sous la baguette joyeuse, instruite et très expressive du jeune chef Duncan Ward.

Un Mozart « originallement » scolaire…

Le jeune chef britannique Duncan Ward ©

Vous l’aurez compris, et cela n’a rien à voir avec la qualité de l’orchestre, de ses musiciens ou du jeune chef Duncan Ward, je ne suis pas passionné par la 39ème symphonie de Mozart, dite « maçonnique ». Un peu scolaire, un peu répétitive aussi, je n’ai tout simplement pas accroché. Et je le répète, on ne peut pas dire que l’orchestre ou son chef du soir n’ont pas essayé de m’embarquer dans cette œuvre. En effet, l’implication, sans partition du jeune chef et la précision d’un orchestre très bien préparé sont des choses rares et remarquables ! Mais cela ne m’a pas changé l’écoute. J’ai été séduit par les superbes instruments à vent qui nous ont livré de très beaux moments notamment au 3ème mouvement. Amusé aussi par les pas de danses que le chef nous a offert en démonstration, tant il semblait faire corps avec la musique.

…avant un Beethoven lumineux !

C’est au cours de la deuxième partie de la soirée que le chef ne faisait non seulement plus corps avec la musique, mais y mettait toute son âme. Il faut dire aussi que la partition aide à la transcendance tant elle semble emprunte d’une dimension divine.

Et c’est ici encore, que la précision et la délicatesse avec laquelle chœur et orchestre ont composé qu’une alchimie quasi mystique a opéré. Des tempi parfaitement maitrisés, des silences assourdissant et des moments de « climax » intenses ont su conquérir un public plus qu’enthousiaste. On suivra ce chef assurément ! Le chef dirigeant subtilement les deux ensembles a également su laisser places aux superbes solistes qui nous étaient proposés ce soir-là.

La touchante soprano Elsa Benoit délivre une performance très mature et « intelligente » dans cette œuvre o combien difficile pour sa ligne de chant. Maximilien Schmitt est un ténor solide, qui parvient dans les ensembles à se démarquer des autres chanteuses et chanteurs du chœur. L’alto Julie Robard-Gendre déploie une voix impressionnante de puissance au souffle très maitrisé, et est pour moi la très belle découverte de la soirée. Je suivrais attentivement ses prochaines dates parisiennes ! La basse d’Andreas Wolf est très prometteuse quoiqu’un peu métallique parfois mais son phrasé impeccable et son engouement communicatif séduisent.

Un partenariat magique qui est loin de se terminer…

C’est avec joie que je retrouvais la Seine Musicale et les équipes d’Insula Orchestra. J’ai la chance énorme d’avoir développé avec le bureau d’action culturelle de l’orchestre et le Collectif Insulab, un superbe partenariat me permettant de faire venir à de nombreux concerts des jeunes, qui découvrent la musique classique dans cette très belle salle !
J’ai hâte de pouvoir vous annoncer d’autres évènements autour d’Insula Orchestra et du chœur Accentus au cours de l’année, notamment dans le cadre des célébrations du 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven !