Jeff Mills aux Chorégies : vent de jeunesse sur le Théâtre Antique

Invité pour le 150ème anniversaire du festival, Jeff Mills, roi de la techno a enflammé les Chorégies. Pari réussi de Jean-Louis Grinda ! Explications…

Il faisait relativement couvert hier soir au-dessus de nos têtes lorsque Jeff Mills entre en scène accompagné du chef Christophe Mangou, précédé par le talentueux Orchestre National Avignon-Provence. Et pourtant les nuages ne gâchèrent en rien la prestation de monsieur Jeff Mills hier soir ! Envoutante, déroutante, onirique et résolument rythmique, sa musique s’accorde parfaitement aux instruments de l’orchestre pour donner un spectacle saisissant. Avec Light From The Outside World, Jeff Mills emmène le spectateur dans des voyages interstellaires et force à la contemplation de ce qui nous dépasse. Le talent indéniable de Jeff Mills est sublimé par des jeux de lumières qui embrasent, au rythme des tambours, violons, cors et piano, le Théâtre Antique pour un show visuel saisissant !

Une réussite sur tout les plans !

Musicalement, et visuellement d’abord. Mais c’est surtout l’accueil du public qui démontre ici que le choix de Jean-Louis Grinda est résolument le bon. En effet, jamais il n’y avait eu au sein du Festival une telle ambiance. Entre les bières et les odeurs de « cigarettes » pas très légales, les Chorégies se transforment l’espace d’une soirée en une véritable fête, célébrant la musique et la jeunesse. C’est là la seconde réussite de cette soirée !

En effet, hier soir la moyenne d’âge d’habitude grisonnante s’est rajeunie pour tomber dans la vingtaine ! Et c’est une très belle réussite que de faire entrer dans le Théâtre antique, souvent pour la première fois, la relève d’un public habituel quelque peu vieillissant. Ambiance de feu, notamment lorsque le dixième titre débute aux sons des cloches. Les cris de joie, les applaudissements et les sifflements (positifs cette fois) résonne dans une liesse magique !

Je ne veux rien regretter, tout découvrir !

Alberte, 85 ans, amie des Chorégies

Une troisième réussites, et pas des moindre, c’est d’avoir évité de chasser les habitués du festival et d’être resté dans une programmation pouvant attirer petits et grands, jeunes comme anciens. C’est avec joie et étonnement que je me suis retrouvé assis aux côtés d’Alberte, 85 ans, Amie des Chorégies depuis qu’elle est à la retraite, se rendant chaque année à tous les spectacles que ses moyens lui permettent. Alberte avait hier soir une soif de découverte que j’ai rarement pu voir chez quelqu’un ! « La Techno je ne connais pas, et étant curieuse, je voulais voir pour ne pas regretter ! Des amies ne sont pas venues voir Mefistofele l’année dernière, elles l’ont bien regretté… »

J’ai adoré voir danser cette fan inconditionnelle de Roberto Alagna, au rythme des béats de Jeff Mills. Plus étonnant encore, la voir pleurer en contemplant « son Théâtre Antique » illuminé ainsi…

Finalement il ne reste à Jean-Louis Grinda, directeur du festival, et son équipe plus qu’un grand défi : confirmer l’essai et fidéliser ce nouveau public. Toujours est-il que, rien que pour cette soirée, je ne regrette pas d’être ici tout le mois de juillet… Merci Les Chorégies !