Roméo et Juliette par les ballets de Monte-Carlo : Jean-Christophe Maillot impressionne

Les Ballets de Monte-Carlo © Philippe Grommelle - Chorégies d'Orange

Créé en 1996, ce ballet de Jean-Christophe Maillot n’a pas pris une ride, et était même sublimé hier soir dans le Théâtre Antique d’Orange.

Dans une scénographie d’Ernest Pignon-Ernest volontairement épurée par Jean-Christophe Maillot, les sublimes danseuses et danseurs des Ballets de Monte-Carlo dansent et font vibrer les cœurs des spectateurs des Chorégies, qui étaient hier soir nombreux (plus de 4000 spectateurs) !

Chorégraphie superbement épurée

Si la chorégraphie donne la part belle au rôle du prêtre admirablement interprété par Alexis Oliveira , les deux héros de la soirée : Simone Tribuna, 22 ans, en Roméo et Anna Blackwell, 29 ans, incarnait les amoureux de Vérone pour notre plus grand bonheur. Précis, heureux de danser et vivant passionnément la chorégraphie de leur directeur, ils étaient tout simplement magnifique à regarder. Evoluant dans des pas de deux sublimes, des solos incandescents, et accompagnés par une troupe survoltée et particulièrement expressive, la soirée d’hier soir était réellement d’un niveau époustouflant; et le public l’a bien montré.

Si c’était si beau, c’est aussi grâce aux très beaux costumes, simples et sobres de Jérôme Kaplan, que les lumières de Dominique Drillot illuminent avec un brin de magie sur cette scène du Théâtre Antique. Si l’on connait quasiment par cœur la musique de Prokofiev, on pouvait réellement s’attrister de l’absence d’un orchestre, du fait du rendu son plutôt médiocre… Des systèmes sons plus performant et adaptés à la musique orchestrales existent et auraient été préférables. Toujours est-il que la soirée était néanmoins magique.

Magique, même après la représentation…

En effet, sitôt après avoir applaudi comme il se doit ses danseurs athlètes et artistes, je me suis rendu dans les coulisses pour les féliciter et j’ai pu en rencontrer quelques uns. Notamment Anna Blackwell, a.k.a. Juliette de la soirée, qui était tout sourire après cette soirée qu’elle n’arrivait pas à décrire tant l’émotion semblait encore intacte. La jeune et belle anglaise me confie que c’est un endroit absolument magique pour danser, mais non sans difficultés. Le gigantisme de la scène et du lieu l’ont un peu impressionné et elle me disait qu’elle avait l’impression d’être une toute petite fourmi sur scène… Si c’est l’un de ses rôles préférés, elle me confie que c’est en partie grâce à son partenaire de scène, Simone Tribuna, qu’elle se sent si bien en Juliette. Ce dernier, âgé seulement de 22 ans est en effet impressionnant dans le rôle, et parfaitement adapté à la jeunesse et la fougue d’un Roméo à la fois conquérant et follement amoureux.

Pour conclure, l’excellence de cette compagnie, la beauté de la mise en scène, ainsi que la justesse de la chorégraphie on fait de ce spectacle, malgré une musique à la qualité bancale, une soirée d’exception qui confirmera, après une compagnie Béjart l’année dernière, la danse dans le calendrier des Chorégies !